1 processus de création participatif : 2 créations chorales parlées
Kiwi de Daniel Danis

Une jeune enfant à la “langue cachée, langue bleue bien au chaud au milieu de [la] tête”, est abandonnée en pleine rue dans une cité sur le point d’entamer un grand “nettoyage”.

Elle intègre une communauté d’enfants qui l’accueille, la baptise du nom de Kiwi et la protège. Elle y fait l’expérience de l’entraide et de l’amour aux côtés du jeune Litchi. Elle partage aussi les difficiles conditions de la vie clandestine et en adopte les règles strictes : une nouvelle identité, le vol et la prostitution comme moyens de subsistance et l’interdiction formelle de tuer. Or, un jour, le drame advient : Litchi tue un homme pour défendre Kiwi. Il est chassé de la communauté et Kiwi apprend à vivre sans le garçon qu’elle aime, auprès entre autres, de Mangue au ventre qui grossit de jour en jour. Rattrapée par la police secrète, la communauté est massacrée.

Survivante, Kiwi se retrouve seule avec un bébé orphelin... Litchi la rejoint. Ils quittent la ville et obtiennent enfin, grâce à la narration de leur histoire et un peu d'argent, la maison de pierre dont la communauté avait toujours rêvé.
Daniel Danis

Adolescent habité par la spiritualité, Daniel Danis devient à l’âge adulte, un dramaturge québécois reconnu internationalement et récompensé par de nombreux prix littéraires. En 2000, il est nommé Chevalier des Arts et des Lettres de la République Française.

Transcendé par des images qui le traversent, et très proche de la nature, il use d’une langue extrêmement poétique et parfois violente, d’une écriture à la fois narrative et théâtrale, pour poser un regard sensible sur notre monde et celui de l’enfance.

Ses pièces sont traduites en plusieurs langues et jouées à travers le monde.

Les plus connues sont Cendres de cailloux (1994), Le Chant du Dire-Dire (1996-2000), Le Langue-à-langue des chiens de roche (2001), Terre Océane (2003) ou encore Kiwi (2006) qui lui a valu trois prix littéraires. Il écrit également pour le jeune public.

Kiwi, qu’il met en scène en 2007, sera le déclencheur d’une nouvelle carrière d’auteur-metteur en scène pour Danis qui entame alors une réflexion sur le rapport entre l’écriture et les nouvelles technologies.

Il en résultera des conceptions scéniques telles que La Trilogie des Flous (2008), Yukie (2010) ou encore Mille anonymes (2011) et L’Enfant lunaire (2013), toutes inscrites dans une spatialité numérique forte.

Je me suis tiré·e !

Les membres d’une communauté de jeunes adultes au passé difficile nous offrent l’occasion de pénétrer au sein de leur groupe.

Ils nous révèlent les traumatismes qui les ont amenés là et les grandes valeurs de la communauté qui leur permettent d’avancer chaque jour encore plus forts.

Tout d’abord leurs devises, qu’ils se répètent tels des mantras. Parmi celles-ci, « Apprendre à se faire face », « se re-créer » ou encore « Rire » ou « Danser tout le temps ».

Puis leur mode de fonctionnement, dont émerge un mot d’ordre « Ensemble », afin de conserver « un mindset dur comme fer ».

Enfin, viennent alors les confidences et chacun se livre peu à peu, soutenu par la force du groupe qui prend en charge la parole si besoin ou la choralise. Violences familiales ou conjugales, conception figée du rôle de la femme, racisme ordinaire, homophobie, harcèlement et scolarité chaotique ne sont que quelques exemples des épreuves que les uns et les autres ont endurées avant de s’en échapper pour réapprendre à faire résilience au sein d’un milieu protecteur et compatissant.