1 processus de création participatif : 2 créations chorales parlées
La liberté face au destin


Peut-on se libérer de notre destin ?

Quel est notre part de libre-arbitre face aux déterminismes ?

Quelles sont les conditions de la résilience ?


En retraçant les épreuves d’enfants devenus jeunes adultes au passé lourd et traumatique, Kiwi de Daniel Danis nous pose ces questions. Une réponse proposée par l’auteur : libérer sa parole pour se reconstruire. En se racontant, les personnages de Kiwi voient s’ouvrir la possibilité d’un avenir dont ils peuvent être les maîtres.

Kiwi est un roman-dit. La narration remplace les dialogues et les deux protagonistes nous livrent leur histoire en même temps qu’ils la vivent.

De la même manière, la mise en scène brouille les repères spatio-temporels. À l’heure où Kiwi et son compagnon Litchi partagent avec nous leur récit, ils sont seuls survivants du massacre de leur communauté d’enfants des rues. Dans cette pièce écrite pour deux comédiens, Luc Dezel introduit un chœur qui porte au plateau la voix de la collectivité disparue.

La scénographie, la mise en lumière et l'espace sonore plongent le spectateur dans l’imaginaire de Kiwi. Des matériaux de récupération transformés et sublimés viennent représenter la vision fantasmée du monde qu’elle doit s’inventer pour accepter son intolérable réalité. Le spectateur et le plateau sont plongés successivement dans des espaces chauds ou froids, sculptés par les lumières d'Alice Marin. L'ensemble est enveloppé dans le décor sonore d'Anastasia Chintzoglou qui habille et alimente, de façon électro-acoustique, l'espace dans lequel navigue le spectacle.

Une œuvre en perpétuel renouvellement


Dans chaque lieu, il est possible de réinventer une œuvre collective, de ses prémices aux représentations. Habitués ou non de la pratique artistique, chacun est bienvenu. Les primo-participants aux projets de création étaient des étudiants. La compagnie désire également œuvrer auprès d’autres publics jeunes.

Nous commençons par des laboratoires abordant toutes les phases de la création : dramaturgie, écriture, improvisation, apprentissage de la choralité - parole et mouvement. Les témoignages, parcours et questionnements partagés donnent naissance à une performance-prologue.

La performance Prélude au Destin est une œuvre mobile, elle se réinvente à chaque représentation. Sa forme résulte de l’écoute de groupe. Au plateau, des codes sont prédéfinis, formant un subtil langage commun. Le chœur évolue dans l’espace au gré des propositions de chacun. La parole est distribuée aléatoirement. L’expérience individuelle prend une dimension collective.

Autour de la pièce de Danis, ce groupe forme un chœur qui accompagne les comédiens.

En conséquence, l’œuvre produite sera à chaque fois différente, à l’image du collectif qui l’incarne. Ce processus fait passer tour à tour du rôle de cocréateur à celui de performeur, puis de choreute.

Les primo-participants peuvent, si vous le souhaitez, intégrer à partir des répétitions, la création réalisée spécifiquement pour votre lieu. Cela permet de croiser les expériences des différents participants au projet.

Kiwi


Une jeune enfant à la “langue cachée, langue bleue bien au chaud au milieu de [la] tête”, est abandonnée en pleine rue dans une cité sur le point d’entamer un grand “nettoyage”.


Elle intègre une communauté d’enfants qui l’accueille, la baptise du nom de Kiwi et la protège. Elle y fait l’expérience de l’entraide et de l’amour aux côtés du jeune Litchi. Elle partage aussi les difficiles conditions de la vie clandestine et en adopte les règles strictes : une nouvelle identité, le vol et la prostitution comme moyens de subsistance et l’interdiction formelle de tuer. Or, un jour, le drame advient : Litchi tue un homme pour défendre Kiwi. Il est chassé de la communauté et Kiwi apprend à vivre sans le garçon qu’elle aime, auprès entre autres, de Mangue au ventre qui grossit de jour en jour. Rattrapée par la police secrète, la communauté est massacrée.


Survivante, Kiwi se retrouve seule avec un bébé orphelin... Litchi la rejoint. Ils quittent la ville et obtiennent enfin, grâce à la narration de leur histoire et un peu d'argent, la maison de pierre dont la communauté avait toujours rêvé.



Daniel Danis


Adolescent habité par la spiritualité, Daniel Danis devient à l’âge adulte, un dramaturge québécois reconnu internationalement et récompensé par de nombreux prix littéraires. En 2000, il est nommé Chevalier des Arts et des Lettres de la République Française.


Transcendé par des images qui le traversent, et très proche de la nature, il use d’une langue extrêmement poétique et parfois violente, d’une écriture à la fois narrative et théâtrale, pour poser un regard sensible sur notre monde et celui de l’enfance.


Ses pièces sont traduites en plusieurs langues et jouées à travers le monde.


Les plus connues sont Cendres de cailloux (1994), Le Chant du Dire-Dire (1996-2000), Le Langue-à-langue des chiens de roche (2001), Terre Océane (2003) ou encore Kiwi (2006) qui lui a valu trois prix littéraires. Il écrit également pour le jeune public.


Kiwi, qu’il met en scène en 2007, sera le déclencheur d’une nouvelle carrière d’auteur-metteur en scène pour Danis qui entame alors une réflexion sur le rapport entre l’écriture et les nouvelles technologies.


Il en résultera des conceptions scéniques telles que La Trilogie des Flous (2008), Yukie (2010) ou encore Mille anonymes (2011) et L’Enfant lunaire (2013), toutes inscrites dans une spatialité numérique forte.